Cathar était l'une des premières planètes à avoir affronté les mandaloriens... Pris par surprise, le fier peuple guerrier dut affronter un autre peuple à sa mesure et le sang fut versé par rivières de chaque côté avant que l'appareil militaire mandalorien ne l'écrase pour de bon et ne génocide la planète, ne laissant qu'une poignée de Cathars encore en vie.
Ce n'était pas un échec pour Cathar qui avait combattu courageusement, mais bien un échec pour la République et le Conseil Jedi qui avaient observé le conflit sans oser y prendre part, et c'est pour ça que Revan s'y trouvait, il comptait bien marquer un grand coup.
Kane Darwill et Areli Cal-Seyin se rendaient eux aussi sur Cathar, l'une pour escorter Alek jusqu'à son maître en compagnie de son propre padawan Rukil, l'autre en mission pour le SIS afin de rencontrer Revan et observer son mouvement de l'intérieur et obtenir le plus d'informations possibles. Celui qui allait devenir le messie d'un nouveau schisme Jedi et qui obtiendrait bientôt le soutien des armées républicains les plus radicales comptait bien chasser Mandalore hors de cette planète, Kane Darwill et Areli Cal-Seyin y auraient un rôle à jouer.
Areli Cal-Seyin Après avoir été assaillie par ses souvenirs, Areli décida que cette nuit n'était pas propice à la méditation et se rendit dans ses quartiers pour aller dormir. En chemin, elle pensait à Kane et à Hestiya avec un petit sourire satisfait.
Kane Darwill Kane finit par se retrouver la tête nichée dans le cou de sa compagne du soir, emmitouflé dans les couettes de la couchette... Il n'avait jamais dormi aussi confortablement de sa vie. Encore éveillé et certainement pas lassé, il continuait de discuter avec Hestyia, blotti contre elle, il ne pensait plus ni aux Services Secrets ni à la Guerre ni à Revan ni à la République ni à son oncle... Juste à deux dames, une en face de lui, l'autre dormant sûrement dans ses quartiers à l'heure qu'il est.
“Je me demande comment je vais... Me sentir lorsque je devrais partir d'ici...”
“C'est toujours un peu douloureux, surtout la première fois... Mais c'est mieux pour nous. Ce n'était déjà pas mon genre de me caser quand j'étais plus jeune, j'aime les hommes mais à petite dose... Et aujourd'hui je peux encore moins me permettre de trop m'attacher à quelqu'un, en tant que leadeuse je vois déjà trop de gens mourir, s'ils me sont chers je deviendrai folle...”
“Je comprends... Merci de m'avoir accordé ton affection alors, sincèrement...”
“Je t'en prie... Si ça peut te flatter, dis toi que moi aussi ça va me faire mal de devoir te regarder partir... Tu es une drôle de personne, mais une adorable personne Kane... Ta Jedi a de la chance.” Elle ferma les yeux en souriant.
“J'aimerai que tu aies raison, mais dis toi que cela ne fait qu'un jour qu'on se connaît et tu as passé plus de temps à mes côtés que moi avec elle depuis des mois...”
“Comment ça se fait ça ?” Dit-elle en couvrant son front de baisers.
“Le seul moment où j'ai pu profiter un peu d'elle, c'est quand on est allé méditer quelques minutes avant l'assaut sur la colonie. A chaque fois que j'ai l'opportunité de passer du temps avec elle soit je me fait kidnapper, soit il y a une urgence, soit Revan se pointe, soit je suis envoyé en prison... Le destin fait tout pour me séparer d'elle.”
“Qu'est-ce qu'elle fait de ses journées la plupart du temps ?”
“Elle s'entraîne beaucoup, elle a peur de ne pas être à la hauteur contre les mandaloriens...”
“Eh bien va t'entraîner avec elle, c'est tout vu.” Elle sourit.
“Mais... Je ne suis pas sensitif, quel intérêt cela aurait ?”
“Les mandaloriens ne le sont pas à ce que je sache, et pourtant ils triomphent des leurs avec aisance. Si un jour tu dois te défendre face à Alek ou Revan, tu seras heureux d'avoir pu t'entraîner avec Areli, crois moi.”
“Tu n'as pas tort...”
“Tu passes plus de temps avec elle, vous devenez tous les deux plus forts, plus de proximité physique, tu la surveille pour éviter qu'elle ne se tue à la tâche... Et en prime tu pourras lui montrer tes jolis abdos, toute Jedi qu'elle est je suis sûr que ça aura son petit effet.”
“Hestyia !”
“Et puis tu pourras regarder ses abdos à ell-”
Kane la fit taire en lui grimpant par dessus avant de se chamailler avec elle dans un duel de polochons dont la résolution ne sera jamais découverte.
Areli Cal-Seyin Le départ était prévu pour dans trois jours. Pendant ce temps, Revan souhaitait investiguer les retombées de leur opération sur les mines. Hestiya et lui organisèrent quelques expéditions aux abords des avants-postes mandaloriens afin d'espionner leurs communications. Sans surprise, la sécurité avait été relevée, preuve de leur succès.
Même assiégées, les autres colonies de Cathar avaient leurs moyens de communication, et le peuple rebelle fut très vite au courant des exploits de Revan. Au début, Areli regrettait encore un peu de ne pas avoir pu préserver les mines, mais le temps passant, elle changea d'avis. L'espoir revenait dans leur camp. Le personnel de leur petite base redoublait d'enthousiaste et préparaient déjà de nouvelles opérations. Partout sur la planète, des petits mouvements de résistance éclataient en suivant leur exemple.
Pendant ces quelques jours de paix, Areli consacra son temps à la formation de Rukil. Ils s'enfermaient presque toute la journée dans une pièce qu'on leur avait dédiée. Tant que son bras n'était pas guéri, le maître et l'apprenti se contentèrent de revoir la théorie. Areli ne croisait Kane que brièvement à la cafétéria, heureuse de le voir et désolée de ne pas avoir beaucoup de temps à lui consacrer – mais, constatant qu'il profitait du temps qu'il avait avec Hestiya, elle ne s'inquiétait pas pour lui.
Au troisième jour, quelques heures avant leur départ présumé, Areli demanda à voir Revan en privé...
“Tu as l'intention de continuer de porter ce masque ?”
“Je m'y habitue, et les autres aussi. Je vais continuer pour l'instant, oui”, admit le Jedi, une main sur le masque. “Mais je suppose que ce n'est pas pour ça que tu veux me voir...”
Hestiya leur avait laissé son bureau afin qu'ils soient à l'abri des oreilles indiscrètes. Il était meublé du strict nécessaire : un bureau avec un terminal informatique, le seul connecté à HoloNet de toute la base, et deux fauteuils, dans lesquels étaient assis les Jedi.
“Quand j'étais sur Taris...”
Revan croisa les doigts, écoutant attentivement Areli. Il était particulièrement intéressé par tout ce qui touchait à Taris, où avait démarré la guerre.
“On menait des actions de guérilla, pas des batailles à proprement parler. Ce qui s'est passé il y a trois jours...” Elle hésita sur les mots. “C'était un cran au-dessus. C'était bien trop risqué et périlleux. Et je crains qu'en ne te suivant, la violence ne fasse qu'escalader. Il y a quelque chose de sombre dans ton sillage.”
“Que ce soit moi ou un autre...”, soupira Revan. “Tu as vu comme moi les mandaloriens. Pire, tu as vécu sous leur occupation. Areli, crois-moi : ils vont se enhardir. Chaque exploit militaire les galvanise. Ils vont de plus en plus loin, ils osent de plus en plus. La violence est inévitable.”
“Je sais, je sais”, l'interrompit Areli en levant la main. “Et je l'accepte. Mais Rukil...”
“Est un Jedi.”
“Un Jedi, pas un soldat ! Et toi non plus !”
Areli s'était brusquement levée, surprise de sa propre réaction. Elle se laissa retomber doucement.
“Tu es la première à me le rappeler, et c'est bien pour ça que ta présence est indispensable. Et Rukil sera plus à l'abri dans notre équipage que sur Dantooine, où il ne pourra pas achever sa formation, et où il risque de subir un assaut mandalorien.”
“Tu n'y crois tout de même pas sérieusement ?”
“Bien sûr que si. Saul Karath estime que c'est une possibilité, dans les six à huit mois à venir. Et rajoute un an pour Coruscant. Personne ne sera à l'abri nulle part.”
“Je ne veux pas faire la guerre.”
“Et je ne t'en demande pas tant. Areli, ce qu'on a fait sur Cathar est très important, et ce n'est qu'un début. Je veux rallier les peuples de la galaxie. Je veux leur rendre l'espoir, et allumer les braises de la résistance. Oui, ce sera dangereux, et oui, nous verrons encore des victimes innocentes. Mais c'est précisément pour protéger les innocents que je fais ça. Suis-moi, et tu le verras par toi-même. Ou rentre sur Coruscant, et vis dans le regret.”
Kane Darwill Kane s'était préparé au départ, il savait très bien ce qui l'attendait, ce n'était que le début, la fenêtre de réconfort, cette douce parenthèse qu'il avait entretenu touchait à sa fin, une fois parti c'était à nouveau la guerre, toujours la guerre. Il le savait et s'y était préparé, mais face au fait accompli, il se sentait plus vulnérable qu'il ne l'aurait pensé. Dans un recoin caché de la base, il tenait les mains d'Hestyia, front contre front les yeux fermés.
“Tu sais dans quoi tu t'embarques... Fais très attention à toi, d'accord ?”
“Je te promets que je garderai l’œil ouvert... Mais je te l'ai dit, je suis très difficile à tuer.”
“... Garde mon contact holocom... Il y a de fortes chances que je ne réponde pas, mais si je le fait, je serai heureuse d'avoir de tes nouvelles.”
“... Je veux bien le garder.”
“On savait tous les deux qu'on devait se séparer mais ça ne rend pas ça moins dur, hein ?” Son rire fut triste.
“... C'est dur d'avoir un petit bout de paradis pour soi et devoir l'abandonner après aussi peu de temps.” Répondit Kane tandis qu'une discrète larme coulait le long de sa joue.
“Si jamais par miracle on serait amené à se revoir... Soit gentil et rends moi ceci, d'accord ?” Elle l'embrassa avec beaucoup de tendresse.
“... Je te le rendrai au centuple, tu peux en être sûr.”
“... Je t'aime, imbécile.” Elle le lâcha avec un sourire.
“Je sais.” Il rouvrit les yeux et sécha sa larme, lui aussi le visage frappé d'un beau sourire.
“Allez, déguerpis avant que je te kidnappe !” Dit elle en le repoussant tout en riant.
Une dizaine de minutes plus tard, Kane se retrouva près de leur vaisseau qu'ils avaient entre temps réussi à rapprocher, toujours sans nom, Hestyia n'était pas là, c'était au dessus de ses forces.
“Bon... Eh bien voilà.” Dit-il sans savoir quoi ajouter.
Areli Cal-Seyin Areli retrouva Kane seul devant leur vaisseau, posé à l'écart des ruines dans une large clairière. Alek et Rukil étaient déjà à bord mais Revan était encore dans la base.
“On en a fait du chemin, depuis Taris”, dit tranquillement Areli en se postant à côté de Kane, une main sur la hanche. “Je suis contente que tu sois resté. En avant ?”
Elle le gratifia d'un sourire et monta la rampe de la corvette. Quelques instants plus tard, Revan arrivait accompagnait d'un jeune cathar qui semblait le harceler...
“Je serais utile !”
“Oui, mais Hestiya a plus besoin de toi que nous.”
Revan s'arrêta, toisant Teyo, qu'il surplombait de vingt bon centimètres. Le slicer soutint son regard.
“Hestiya veut garder le contact. Un jour, quand on aura chassé les têtes d'acier jusqu'aux derniers, Cathar se joindra au combat.”
“Je n'en doute pas, mais ça ne me dit pas pourquoi je dois t'embarquer.”
“Parce que je suis un slicer extraordinaire !”
Le cathar s'agenouilla pour fouiller dans son sac à dos, dont il sortit un datapad. Deux clics plus tard et les tourelles automatiques se tournèrent bruyamment dans la direction de Revan, qui leur tournait le dos. Le Jedi se retourna lentement.
“Impressionnant. Et ça t'a pris combien de temps ?”
“Une heure, ce matin. Votre droïde sait peut-être piloter mais pour les patchs de sécurité, je compterais pas dessus. J'en ai profité pour assigner un code à votre transpondeur : le Mockingbird. C'est quand même plus sympa que ''Corvette Jedi 1138'', non ?”
“Qui aurait cru que la plus grande menace de l'Ordre Jedi n'était pas Mandalore, mais un slicer pas encore en âge de voter...”, soupira Revan. “OK. Mais je n'accepte que des gens utiles dans mon équipage. Si tu ne contribues pas suffisamment, je te dépose au prochain spatioport, compris ?”
“Oui, chef !”
Comme s'il craignait que Revan ne change d'avis, Teyo se précipita à l'intérieur du vaisseau. Areli était en train de préparer du thé dans la cuisine, accompagnée par Kane, et leva un sourcil en le voyant surgir dans la pièce.
“Plaît-il ?”
“Pas le temps pour les plaisanteries, on décolle”, annonça la voix de Revan à travers les haut-parleurs.
Areli haussa les épaules et s'empara d'une tasse supplémentaire tandis que le Mockingbird s'envolait pour sa prochaine mission...