Ayant échoué à secourir le Sénateur de Taris, Areli Cal-Seyin et Kane Darwill, un groupe de réfugiés et quelques soldats qui peinent à s'organiser face à l'armée mandalorienne, ont battu en retraite dans la Ville Basse. La planète est assiégée, les communications locales brouillées, tout contact interplanétaires impossible, et les quelques poches de résistance sont isolées les unes des autres.
Avant qu'il ne soit trop tard, nos héros espèrent reprendre le contrôle de l'antenne la plus proche, rétablir les communications, et peut-être enfin permettre à la défense tarisienne de s'organiser. L'espoir serait alors d'identifier le successeur du Sénateur et l'exfiltrer afin de plaider la cause de Taris auprès du Sénat de la République.
Malheureusement, la mission est d'autant plus périlleuse car les membres du groupe ne se font pas confiance et doivent accepter de collaborer alors que chaque minute qui passe, l'avenir de Taris est de plus en plus incertain...
Areli Cal-Seyin Les mots de Kane eurent un petit effet, sans toutefois enlever le poids qui pesait sur les épaules d'Areli. Elle faisait de son mieux, ça oui, et elle appréciait que ses efforts servent à quelque chose ; mais ils n'étaient pas suffisants. La mort de Karn lui resterait sur la conscience et allait peser sur ses futures décisions ; parce qu'elle se devait d'être meilleure pour ne pas reproduire de telles erreurs. Areli soupira mais hocha la tête en guise de remerciement.
“Ah !”, s'amusa Areli à la question de Kane. “Bien sûr, l'amitié n'est pas proscrite chez les Jedi. L'amour non plus. C'est l'attachement qui est dangereux. Un Jedi doit avoir ses émotions sous contrôle.”
Areli n'avait pas énormément d'amis. Quelques Jedi de sa génération, qu'elle ne voyait pas souvent car ils se retrouvaient rarement plus de quelques jours sur la même planète. L'archiviste de la bibliothèque de l'enclave de Dantooine. L'ingénieur en charge des hangars. Hum, à bien y réfléchir, elle ne connaissait le nom ni de l'une ni de l'autre...
“Mourir ne vous dérange pas, et c'est remarquable pour...” Elle allait dire pour une personne extérieure à l'Ordre Jedi mais se reprit. Il n'y avait pas besoin de croire à l'éternité dans la Force pour vaincre la peur de la mort, et un homme de la trempe de Kane avait accepté l'éventualité de la mort depuis longtemps. “C'est remarquable. Mais je compte bien nous sortir d'ici vivants. Il y a de la beauté dans la vie, Kane, dans toute vie.”
Même dans celles des mandaloriens qui bombardaient la planète, mais Areli se garda bien de l'exprimer à haute voix.
Kane Darwill Une beauté dans la vie ? Kane sembla réfléchir... Il était mal placé pour parler de ça puisqu'il ne contribuait pas spécialement à la beauté du monde, mais sur cette planète maudite il n'en avait pas vu beaucoup. Peut être que le contexte de désespoir n'aidait pas... Quand il était petit, ses parents avaient prévu un chemin déjà tout tracé, médecin, avocat, alors quand ses parents ont vu qu'il ne s'épanouissait pas dans ce métier ils l'ont abandonné à son sort, son oncle lui a proposé de mettre à profit son empathie très restreinte en faisant un truc pour lequel il était déjà bon : Être violent, mais à une échelle bien plus haute que ce que Kane avait fait jusque là. S'y est-il épanoui ? Certainement. Avait-il des regrets ? Pas vraiment. Est-ce que quelqu'un comme lui pouvait vraiment trouver quelque chose de beau en ce monde ?
“Peut être que je suis juste pas né pour la voir, la beauté dont vous parlez... Quand j'étais petit on m'a dit que j'étais pas normal, que j'étais sensé ressentir des trucs lorsque je fais du mal, que ça se soignait, mais ça a jamais rien donné... Et maintenant j'ai même appris à m'amuser et à y trouver du plaisir, je pense que s'il y a eu un coche je l'ai raté.”
Quitte à mourir bientôt, autant essayer de voir si ça marchait vraiment, de ''juste en parler''.
Areli Cal-Seyin Des kilomètres sous la surface dévastée, dans les basfonds poussiéreux et plongés dans la pénombre, Areli trouva l'espace d'un instant un peu de lumière dans le cœur de Kane. Camouflée par l'obscurité de son âme, vacillante, mais bien là–comme en chaque personne, pensait Areli. Il lui fallait juste un peu d'aide pour s'enflammer.
“J'ai beaucoup voyagé, et j'ai rencontré énormément de monde”, dit-elle en se rapprochant doucement de lui. “Énormément. Et je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'irrécupérable.”
Areli lui offrit un frêle sourire avant de se redresser à l'approche de Dancer. Le jeune soldat semblait avoir pris 10 ans depuis la mort de Karn.
“Jedi...” Il se frotta le front, cherchant de l'assurance. “On a plus le choix. Il faut retourner chez les gangs de la ville basse. Eux seuls sauront comment survivre ici dans le long terme.”
“Le long terme ?”
“Taris est... perdue...”, articula-t-il les dents serrées. “Pour l'instant. Écoutez, vous deux : on a raté le créneau pour quitter la planète et chercher de l'aide auprès de la République mais peut-être que d'autres ont eu plus de chance pour nous. C'est plus notre problème. Maintenant, il faut organiser la résistance.”
Areli hocha la tête. Le petit groupe n'avait pas beaucoup d'alternatives, et pour une fois Dancer faisait preuve de bon sens. Mais est-ce que la place de la Jedi restait à leurs côtés ? L'incertitude la rongeait, plus que jamais dans sa vie.
“Vous restez avec nous ou pas ?”
Kane Darwill Il se caressa le menton puis le cou en réfléchissant... Un poil commençait à lentement dépasser, plusieurs en fait et évidemment pas l'ombre d'un truc assez fin pour servir de rasoir dans les environs. Logique, ça faisait pratiquement une bonne journée que cette folie venait de commencer... Il considéra ses options, comme à chaque fois qu'il devait s'exfiltrer... Trouver toutes les issues possibles, monter un plan B.
Il était libre, personne n'allait l'empêcher de partir... Mais partir où ? Et pour y faire quoi, mourir ? Il pourrait... Après tout c'était enfin sa chance d'échapper à la loi, à ce branquignole de Dancer et surtout à la présence de tous ces gens, lui qui aimait plutôt être seul, il trouverait une combine pour survivre en attendant les renforts... Pourtant cette femme, la façon qu'elle avait eu de lui sourire... C'était un peu crispé mais c'était sincère. Lui avait-on déjà souri de cette façon, sans volonté de le manipuler ou d'échapper à sa colère ? Il abandonna sa mine pensive pour se cacher derrière son sourire narquois et son parler suave.
“Et cette situation, Areli, est-ce que vous pensez qu'elle est irrécupérable ?” dit-il en s'étirant et en rengainant son arme, le ton presque ricanant, l'invitant à lui donner tort.
Areli Cal-Seyin “Une seule façon de le découvrir, non ?”, rétorqua Areli, amusée.
Elle tendit la main à Dancer. Le soldat la regarda brièvement avant de l'agripper fermement, soulagé. Il leva le menton en direction de Kane avec un regard résolu.
“Vous n'oubliez pas quelqu'un ?”, lança Hayden.
Le mendiant faisait jusque là semblant de dormir, allongé contre un mur. Il se redressa et arriva derrière Kane et Areli, qu'il attrapa par les épaules avec une familiarité qui n'était plus surprenante de sa part.
“C'est décidé, la résistance commence maintenant”, déclara Hayden avec gravité. Il éclata de rire et lâcha Kane et Areli. “Désolé, vous êtes tellement solennels, j'avais envie de participer.”
“Allez vous reposer. Nous partons à l'aube.”